Atelier : architecture et complexité

L’atelier thématique « Architecture & complexité » s’est adressé aux personnes qui questionnent les approches croisées ou transdisciplinaires qui visent le processus de la conception architecturale et qui mettent en oeuvre des méthodes de construction de la pensée, telles que la pensée complexe, le constructivisme ou l’approche systémique.
L’atelier thématique s’est tenu sur 2 séances de travail complémentaires au séminaire intitulé « contexte et développement durable » organisé par l’École Doctorale Thématique « architecture, urbanisme, ingénierie architecturale et urbaine ». La première séance a abordé la problématique « Complexité : théorie & pratique », alors que la seconde a tourné autour de « Complexité : éléments pour penser le développement durable ».
Les participants – 18 personnes à la première demi-journée et 12 personnes à la seconde – provenaient de 3 universités différentes (UCL, ULB et ULG) et du « Groupe  d’Intervention et de Recherche en Organisation des Systèmes » (GIROS).

La thématique : « Architecture et complexité »
En tant que système particulier de mise en ordre de la réalité, le domaine de l’architecture est en constante réactualisation. À chaque tentative pour la déjouer ou à chaque modification totale ou partielle de paradigme du moment, la coupure du langage persiste, maintenant une distance inéluctable entre les mondes de nos perceptions et de nos conceptions personnelles. Les incessantes tentatives de superpositiondes réalités perçues et conçues sont vouées à l’échec. Seule demeure l’accumulation croissante du savoir extériorisé associée à une tendance à la complexité des clés de lecture culturelles intervenant dans la manière dont l’individu construit mentalement sa conception du soi dans le monde, dont certains symptômestangibles émergent régulièrement dans la praxis contemporaine, proposant des architectures à la complexité bien plus évoquée que fondamentalement exploitée.
Parallèlement à cela, nous assistons à un accroissement du nombre et de la complexité des facteurs pris en compte par l’architecte dans les processus de conception et de construction de l’édifice.
Lors de tout processus de conception architecturale, l’un des défis majeurs de notre époque est d’appréhender et surtout de gérer la complexité inhérente à l’interprétation des multiples clés de lectures du contexte introjectées. Le concepteur – noyé par le flux ininterrompu des percepts ambigus – doit constamment se réélaborer une méthode de conception architecturale ou céder à l’incertitude croissante et inéluctable de son monde d’action.
Les révolutions paradigmatiques de la fin du XX e siècle ont montrés les limites de l’utilisation unique de la méthode analytique – portée par les progrès scientifiques obtenus par des sciences positives héritières du cartésianisme – qui n’était adaptée qu’à l’étude des systèmes stables constitués par un nombre limité d’éléments aux interactions linéaires. En effet, dès que l’on considère la complexité organisée telle qu’elle se rencontre dans les systèmes biologiques, économiques et sociaux, … ce mode de pensée ne convient plus. Complémentairement à l’approche cartésienne, s’est développée la pensée systémique : une nouvelle manière de penser, fondée sur des formalisations (au sens épistémologique) différentes de la réalité construites sur la complexité du cosmos, des organismes vivants, des sociétés humaines et des artefacts.

Dans son rapport concomitant au réel, le domaine de l’architecture occupe une position ambiguë – historiquement riche en rebondissements – entre théories d’un « espace de conception » enseignable dans un cursus aujourd’hui universitaire, et pratiques d’un « espace des édifices » au sein de la profession. Aujourd’hui, il s’agirait de réexaminer et mettre en question la légitimité du couple « théorie / pratique ».

« La pensée naît de l’action, et l’action se construit par la pensée. »
Le concepteur doit articuler moyens de représentation et de compréhension, et moyens d’action et d’intervention ; la conception reliant par l’intention le substrat théorique de la cognition et la pratique phénoménale de l’action.
Une finalité de l’étude de la conception architecturale est d’élaborer une méthodologie de la conception architecturale qui permette de bien penser dans l’action, avec lucidité et en pleine conscience de l’interdépendance entre les phénomènes et parallèlement, ces investigations éclairent le caractère constructif et évolutif de la connaissance architecturale.

Tous les concepteurs engagés dans la gestion de problématiques architecturales – complexes – auraient, par ce biais, la responsabilité à la fois d’agir et de penser. Cet « atelier thématique » proposerait une réflexion collective sur les effets heuristiques du maintient artificiel d’une dualité conceptuelle entre la pensée et l’action lors du processus de conception en architecture menés à l’aide d’une approche systémique, constructive, complexe.

 

Organisateurs : Damien CLAEYS & Sylvain MARBEHANT
Intervenants : Damien CLAEYS, Guy KONINCKX, Sylvain MARBEHANT, Andrée PIECQ, André STEPHAN, Geoffrey VAN MOESEKE, Lee Christopher ROLAND,

 

Damien CLAEYS : Architecte, Assistant et doctorant à la Faculté d’architecture, d’ingénierie architecturale, d’urbanisme (LOCI), Site de Bruxelles – Architecture Saint-Luc Bruxelles, UCL.
Sylvain MARBEHANT : Ingénieur Civil Architecte, Assistant et doctorant au service BATir, Faculté des Sciences Appliquées, ULB.
Geoffrey VAN MOESEKE : Ingénieur Civil Architecte, doctorant à la Faculté d’architecture, d’ingénierie architecturale, d’urbanisme (LOCI), Site de Louvain-La-Neuve – Architecture & climat, UCL.
André STEPHAN : Ingénieur Civil Architecte, doctorant FNRS au service BATir, Faculté des Sciences Appliquées, ULB.
Lee Christopher ROLAND : Architecte, Assistant et doctorant à la Faculté d’architecture, d’ingénierie architecturale, d’urbanisme (LOCI), Site de Louvain-La-Neuve, UCL.
Andrée PIECQ : Licenciée en Sciences Psychologiques, thérapeute, Intervenante systémique des organisations, directeur scientifique et formatrice du Groupe d’Intervention et de Recherche en Organisation des Systèmes (GIROS), présidente de Systèmes et Organisations (S&0) et présidente de l’Union Européenne de Systémique (UES).
Guy KONINCKX : Licencié en Sciences du Travail, Intervenant systémique des organisations, formateur au Groupe d’Intervention et de Recherche en Organisation des Systèmes (GIROS), Membre de Systèmes et Organisations (S&0).

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